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Maladie Bavite

Maladie dite de la « BAVITE »

Depuis fin novembre 2013, de nombreux cas de bavites nous ont été signalés.

Les premiers cas ont été constatés dans les Hauts de l’Ouest de l’île, mais désormais tous les secteurs de l’île semblent touchés.

Il nous paraissait donc opportun de faire un point sur l’état de nos connaissances sur cette maladie dont l’impact économique peut s’avérer important

LA BAVITE, QU’EST-CE QUE C’EST ?                                                                                                     

C’est une maladie qui n’est pas nouvelle à La Réunion, puisque plusieurs cas émergent régulièrement, de façon plus ou moins grave selon les années. Le dernier phénomène d’ampleur datant de 2008-2009.

Les bavites touchent les bovins, qu’ils soient laitiers ou allaitants.

Cette maladie n’est pas réglementée et ne représente aucun danger direct ou indirect pour la santé humaine.

Les animaux touchés présentent généralement le syndrome suivant :

  • Forte hyperthermie (41°C)
  • Ulcération des muqueuses de la bouche
  • Hypersalivation  (à l’origine du nom  « bavite » donné localement à cette maladie)
  • Congestion du mufle

D’autres symptômes sont régulièrement renseignés :

  • Boiteries
  • Avortements
  • Présence de sang dans les selles
  • Congestion de la mamelle

 

Symptômes classiques observés sur une vache de la Plaine des Cafres en janvier 2014 (photo : H. Deglaire)

 Deux virus sont probablement à l’origine de ces cas de bavites :

  1. le virus de la fièvre catarrhale ovine (BTV),
  2. le virus de la maladie hémorragique des cervidés (EHD).

(La maladie peut être causée par un seul de ces virus ou une association des deux.)

 Ces virus sont transmis par des culicoïdes, qui sont des moucherons de très petite taille (1 à 2 mm). Cinq espèces de culicoïdes sont présentes à la Réunion et se répartissent selon un gradient altitudinal. Toutes les 5 sont des vecteurs potentiels de ces virus.

 

 

 Culicoides imicola, vecteur présent à l’île de la Réunion

 Pour l’heure, il reste de très nombreuses zones d’ombre sur cette affection, notamment l’identification du sérotype du virus, la durée de la virémie (durée de persistance du virus dans l’organisme), l’immunité des troupeaux, la biologie du vecteur, etc.

Face à ces questions, le signalement des cas est très fortement encouragé afin de pouvoir collecter des données et des prélèvements pour les analyses.

QUE FAIRE EN CAS DE SUSPICION OU DE CAS CLINIQUE ?                                                                 

  • En cas de suspicion, il convient de contacter son vétérinaire : Celui-ci procèdera au signalement du cas et effectuera éventuellement des prélèvements sanguins pour la recherche de virus. (Ces prélèvements seront ensuite analysés au CRVOI à Sainte-Clotilde.)

          NB : Le GDS prend en charge les frais d’analyses et le déplacement du vétérinaire.

  • Prévenir les risques de contamination ou de diffusion :

          -    Comme les bavites sont transmises par des insectes piqueurs, l’application adaptée d’un traitement répulsif et/ou insecticide sur les animaux atteints et ceux vivant à leur contact est fortement recommandée.

          -    Les animaux correctement minéralisés présenteront un meilleur état immunitaire. Ils seront moins sensibles à la maladie et se défendront mieux contre le virus.

> Pour toutes ces questions, n’hésitez pas à demander conseil à un technicien du GDS.

  • Soigner les animaux atteints :

          -    Comme les bavites sont d’origine virale, il n’existe pas de médicament spécifique :

  • Les anti-inflammatoires sont utiles pour faire diminuer la fièvre et la douleur liées aux lésions des muqueuses de la bouche. Préférer les anti-inflammatoires non stéroïdiens.
  • Les antibiotiques large spectre (comme les tétracyclines) peuvent éviter les surinfections en cas de lésions importantes ou étendues.

         -    Soins locaux : Application de désinfectant / cicatrisant, en tenant compte des zones à traiter.

> Pour toutes ces questions, demandez conseil à votre vétérinaire !